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Steve Keen prédit la chute de Bitcoin à zéro : une thèse à deux failles

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Un économiste reconnu, un argument qui fait débat

Steve Keen n'est pas un inconnu : l'économiste avait anticipé la crise financière de 2008, ce qui lui confère une crédibilité certaine dans les cercles académiques et médiatiques. Son nouveau verdict est sans appel : Bitcoin tombera à zéro. Le raisonnement repose sur la consommation énergétique du réseau. Selon lui, le monde sera contraint de réduire drastiquement sa consommation d'énergie, et les cryptomonnaies, au même titre que les voyages internationaux en avion, figureront parmi les premières victimes de cette transition.

L'argument a le mérite de la cohérence interne : si l'énergie devient une ressource strictement rationnée à l'échelle mondiale, les usages jugés non essentiels seront sacrifiés en priorité. Bitcoin, réseau énergivore par conception, serait alors une cible évidente pour les régulateurs ou l'opinion publique.

Deux angles morts qui fragilisent la démonstration

La thèse de Keen repose sur deux postulats implicites qui méritent d'être questionnés.

Premier postulat : l'innovation énergétique resterait sans effet. Or, rien ne permet d'affirmer que la production d'énergie propre et abondante est un horizon fermé. Le développement des énergies renouvelables, la fusion nucléaire ou l'optimisation des protocoles de minage sont autant de variables que le modèle de Keen semble écarter par défaut. Une prévision qui exclut l'innovation technologique sur le long terme prend un risque analytique considérable.

Deuxième postulat : Bitcoin serait une cryptomonnaie comme les autres. C'est ici que le raisonnement perd en précision. Réduire Bitcoin à une simple crypto revient à ignorer ce qu'il représente pour des millions d'utilisateurs : un système de paiement décentralisé et, surtout, une réserve de valeur comparable à l'or numérique. Cette dimension lui confère une utilité perçue qui dépasse largement le cadre spéculatif dans lequel Keen semble l'enfermer.

Ces deux angles morts ne disqualifient pas totalement la réflexion de Keen sur les tensions énergétiques à venir. Ils rappellent simplement qu'une prévision à zéro, pour être crédible, doit intégrer la complexité des usages réels et des trajectoires technologiques possibles.

Actifs corrélés

Repérés via prediction markets et signaux X.

Marchés de prédiction Polymarket

Données via Hyperview

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