Une licorne née de la confidentialité
Venice AI vient de boucler sa série A de 65 millions de dollars, portant sa valorisation à 1 milliard de dollars. C'est la première fois que la startup ouvre son capital à des investisseurs extérieurs. Le tour est mené par Dragonfly, fonds spécialisé crypto, avec la participation de Coinbase Ventures, Morgan Creek, North Island Ventures, Archetype, Liquid2 Ventures et F-Prime.
Le positionnement de Venice est clair : une alternative à ChatGPT qui ne stocke pas les prompts de ses utilisateurs et donne accès à plus de 200 modèles d'IA. La startup revendique 3 millions d'utilisateurs et des revenus annualisés supérieurs à 70 millions de dollars, avec une rentabilité atteinte dès le premier trimestre 2026. Les fonds levés serviront à construire un centre de données en propre, réduisant la dépendance aux GPU loués.
Equity et token : un équilibre à double tranchant
Plutôt que de céder une partie de sa réserve de tokens VVV (contrat Base : 0xacfe6019ed1a7dc6f7b508c02d1b04ec88cc21bf), Venice a choisi la voie de l'equity classique. Les investisseurs reçoivent 8,98 % du capital, auxquels s'ajoutent des tokens VVV et des bons de souscription. Le choix est délibéré : ne pas diluer le token pour financer l'opération.
Mais cette structure soulève une question de fond. Jouer simultanément sur deux tableaux, equity d'un côté et token de l'autre, complique la lecture de la valeur pour chacun des deux instruments. Côté token, Venice lui attribue deux fonctions concrètes : d'abord, une exposition à la croissance de la société via un programme de rendement adossé à une redistribution des revenus et un mécanisme de rachat ; ensuite, le staking de 100 VVV (soit environ 1 300 dollars au moment du tweet) ouvre l'accès à Venice Pro. Pour ceux qui souhaitent comprendre la mécanique des protocoles de rendement on-chain avant de s'y exposer, notre guide DeFi pour débutant pose les bases.
Ce que la transparence de Venice change
Ce qui distingue Venice dans cet exercice, c'est la clarté avec laquelle la startup documente le rôle de son token. Dans un secteur où la communication sur la tokenomics oscille souvent entre le flou volontaire et le marketing agressif, Venice publie une documentation explicite sur les mécanismes de redistribution et de buyback. C'est suffisamment rare pour mériter d'être signalé.
La vraie tension reste structurelle : si la croissance de Venice se matérialise principalement dans la valeur des actions, le token VVV risque de rester un instrument secondaire, utile pour accéder au service mais limité comme vecteur de capture de valeur. À l'inverse, un programme de buyback alimenté par des revenus annualisés supérieurs à 70 millions de dollars représente un flux réel. La crédibilité de ce mécanisme dépendra de la discipline avec laquelle Venice l'exécutera une fois son centre de données opérationnel et ses coûts d'infrastructure maîtrisés.











