Le retour à l'achat après un mars sous pression
Mars avait surpris : les banques centrales avaient cédé 30 tonnes nettes, sous l'impulsion de la Turquie et de la Russie. Avril corrige le tir. Avec 17 tonnes rachetées, le mois confirme que le reflux de mars était une anomalie, pas un pivot.
C'est le deuxième mois d'achat net depuis le début de l'année. Le contexte géopolitique et monétaire mondial continue de pousser les États à diversifier leurs réserves hors dollar, une tendance structurelle que les chiffres mensuels du World Gold Council illustrent régulièrement.
Pologne et Chine, deux stratégies, un même cap
La Pologne écrase les compteurs. Avec 14 tonnes en avril et 45 tonnes depuis janvier, Varsovie accumule à un rythme que peu d'États peuvent tenir. Ses réserves atteignent désormais 582 tonnes. La logique est claire : renforcer l'autonomie stratégique d'un pays en première ligne des tensions russo-européennes.
La Chine adopte un rythme différent, mais tout aussi déterminé. Les 8 tonnes ajoutées en avril représentent sa plus forte hausse mensuelle depuis décembre 2024. Ses réserves officielles culminent à un record de 2 313 tonnes, soit environ 9 % de ses réserves totales. Surtout, Pékin achète sans interruption depuis 18 mois. Ce n'est pas de la gestion de portefeuille. C'est une politique.
Côté classement mondial, les positions bougent peu. Les États-Unis conservent leur avance écrasante avec 8 133 tonnes, valorisées à 979,9 milliards d'euros. L'Allemagne suit à 3 350 tonnes (403,6 Mds EUR), devant l'Italie à 2 452 tonnes (295,4 Mds EUR). La France pointe au quatrième rang avec 2 437 tonnes, soit 293,6 milliards d'euros de réserves, gérées par la Banque de France sous mandat de la BCE.
La Chine, en cinquième position avec ses 2 313 tonnes, réduit progressivement l'écart avec Paris et Rome. À ce rythme d'accumulation, le classement pourrait évoluer d'ici la fin de l'année.









