Un audit anti-blanchiment au cœur de la rupture
Capital One a fermé les comptes de la Trump Organization en 2021, à l'issue d'un examen conduit par ses propres experts anti-blanchiment. Selon France 24, ces professionnels disposaient de plusieurs décennies d'expérience et ont été mobilisés après que des schémas de transactions ont déclenché des alertes conformes aux directives fédérales. C'est la première fois qu'une banque lie formellement des préoccupations de blanchiment à l'entreprise familiale du président américain.
Capital One n'a toutefois jamais accusé la Trump Organization d'avoir blanchi de l'argent. La banque invoque des raisons légitimes de conformité pour justifier ces fermetures et c'est précisément dans ce cadre qu'elle a choisi de révéler l'existence de cet audit : en demandant au tribunal le rejet de la plainte déposée contre elle.
La Trump Organization contre-attaque en justice
La Trump Organization accuse Capital One d'avoir agi pour des motifs politiques, en liant la fermeture des comptes à l'assaut du Capitole du 6 janvier 2021. Pour l'entreprise, la banque l'aurait privée de services bancaires non pas pour des raisons de conformité, mais en réaction aux événements politiques de cette période.
L'affaire est instruite devant le tribunal fédéral du district sud de la Floride, à Miami. Un juge devra déterminer si les fermetures relèvent d'une procédure de conformité ordinaire ou d'une discrimination fondée sur des convictions politiques. La distinction est centrale : dans le premier cas, Capital One est couverte par ses obligations réglementaires ; dans le second, la banque s'exposerait à une responsabilité civile significative.
L'enjeu dépasse le seul litige entre les deux parties. Qu'une grande banque américaine ait formellement déclenché une procédure anti-blanchiment visant l'entité commerciale d'un président en exercice constitue un précédent sans équivalent dans l'histoire bancaire récente des États-Unis.








