Des réseaux plus performants, des tokens en repli
Ethereum a vu son débit progresser de 73% sur un an. Avalanche a traité quatre fois plus de transactions qu'il y a un an. Solana affiche un taux de staking de 68%. Ces trois réseaux tournent mieux, coûtent moins cher à utiliser et pourtant leurs tokens ont chuté de plus de moitié sur la même période. C'est le paradoxe central que documente le premier rapport trimestriel de Bitwise sur le staking, publié pour le troisième trimestre 2026.
Kam Benbrik, responsable de la recherche onchain chez Bitwise, qualifie ce décalage de « grande divergence entre les fondamentaux des réseaux et le sentiment de marché ». Les revenus des trois protocoles ont reculé, mais Bitwise écarte une lecture pessimiste : la cause serait structurelle, un blockspace plus abondant et moins cher, pas une contraction de la demande.
Le staking en pleine expansion, mais une dépendance à l'émission
Fin du deuxième trimestre 2026, un record de 40,2 millions d'ETH était staké, représentant un tiers de l'offre totale en circulation. La dynamique est portée par les institutions. Bitmine, présentée comme la plus grosse trésorerie ETH du marché, stake à elle seule plus de 4,9 millions de ses environ 5,8 millions de jetons.
Le rendement annualisé ressort à 2,84% sur Ethereum et à 6,25% sur Solana. Des chiffres qui méritent d'être lus avec précision : 93% des récompenses distribuées sur Ethereum proviennent de l'émission de nouveaux tokens et plus de 90% sur Solana. La part issue des frais payés par les utilisateurs reste donc marginale sur les deux réseaux. En clair, le staker est aujourd'hui rémunéré principalement par la dilution de l'offre, pas par la valeur générée par l'activité du réseau.
Cette structure soulève un enjeu de long terme pour les détenteurs : tant que les frais ne constituent pas une part significative des récompenses, la soutenabilité du rendement dépend du maintien d'un taux d'émission élevé, ce qui pèse mécaniquement sur la valeur des tokens. La divergence entre métriques onchain et prix de marché que Bitwise documente reflète précisément cette tension : des réseaux techniquement plus matures, mais dont le modèle économique du staking reste adossé à l'inflation plutôt qu'à l'usage réel.











