Une souveraineté monétaire sous pression
Le vote est sans ambiguïté. La commission des affaires économiques du Parlement européen a approuvé le cadre légal de l'euro numérique de banque centrale par 43 voix pour et 14 contre. Le texte entre désormais en négociations finales, ouvrant la voie à une phase pilote dès 2027 et une émission officielle visée en 2029.
Derrière le calendrier technique se cache une réalité qui dérange : près de deux tiers des paiements par carte dans la zone euro transitent par des infrastructures non européennes, Visa et Mastercard en tête. L'Europe paie, au sens propre, sa dépendance aux réseaux américains.
La dollarisation numérique, argument massue de Lagarde
Christine Lagarde a mis les stablecoins au centre du débat. La présidente de la BCE désigne explicitement USDT et USDC comme vecteurs d'une dollarisation numérique du continent, une formule qui résonne dans les couloirs de Bercy comme à Francfort.
Les chiffres donnent du poids à l'argument. Les stablecoins libellés en euro pèsent moins de 1 % du marché mondial. Face à la domination écrasante des stablecoins adossés au dollar, l'euro numérique se présente moins comme une innovation technologique que comme un outil de rééquilibrage géopolitique.
Reste la question centrale que MiCA n'a pas résolue : un euro numérique émis par la BCE convaincra-t-il les utilisateurs là où les stablecoins privés ont déjà pris de l'avance ? La réponse se jouera autant dans les usages que dans les textes.








