Une dépendance record au gaz américain
Les chiffres parlent d'eux-mêmes. Les États-Unis fournissent aujourd'hui environ 60% des importations européennes de gaz naturel liquéfié, un niveau qui frôle le record absolu enregistré en avril, où cette part avait atteint 64%. En quelques années, le GNL américain est devenu le pilier central de l'approvisionnement gazier du continent.
Cette concentration sur un seul fournisseur n'est pas anodine. Elle résulte d'un double mouvement : la montée en puissance des terminaux d'exportation américains d'un côté, et le sevrage forcé du gaz russe depuis 2022 de l'autre. L'Europe a comblé le vide, mais au prix d'une nouvelle dépendance.
Souveraineté et coût : deux questions sans réponse simple
La facture énergétique des Européens reste directement exposée aux décisions de Washington. Prix du GNL, politique commerciale, droits de douane : chaque arbitrage américain se répercute mécaniquement sur les marchés européens. Ce n'est pas une hypothèse, c'est le mécanisme structurel d'un marché où 60% de l'offre vient d'un seul pays.
La question de la souveraineté énergétique, portée depuis des années par Bruxelles et les capitales européennes, prend ici une dimension concrète. Diversifier les sources d'approvisionnement, accélérer les renouvelables, relancer le nucléaire : les leviers existent, mais leur déploiement reste lent face à des contrats de long terme déjà signés avec des exportateurs américains.
Un chiffre résume l'enjeu : passer de 64% à 60% ne constitue pas une diversification, c'est une variation de court terme. L'Europe reste, structurellement, à la merci d'un partenaire qui n'a jamais caché ses intérêts commerciaux.












