Un schéma répété sur quatre tokens
Arthur Hayes, co-fondateur de BitMEX, se retrouve au centre d'une controverse publique lancée par ZachXBT, l'investigateur on-chain reconnu pour ses exposés sur les manipulations de marché. L'accusation est directe : Hayes aurait promu des tokens auprès de sa communauté, puis vendu ses positions une fois la liquidité suffisante, laissant ses abonnés porter les pertes. Les tokens visés sont WLD, NEAR, HYPE et ZEC, quatre actifs sur lesquels Hayes a pris position publiquement avant de sortir.
ZachXBT pose la question sans détour : combien d'abonnés, convaincus par le narratif, ont fini par absorber les ventes ? C'est précisément le mécanisme de l'exit liquidity, où l'influenceur ou le fondateur utilise sa notoriété pour créer de la demande, puis liquide ses positions sur cette demande artificielle.
Hayes réfute. Il affirme avoir simplement appliqué sa stratégie de trading en fonction de ses objectifs personnels. Une défense classique, mais qui ne répond pas à la question centrale : ses prises de parole publiques ont-elles précédé ou suivi ses ventes ?
Hyperliquid dans le viseur : analyse ou pression vendeuse ?
Le cas HYPE mérite une attention particulière. Hayes a vendu ses tokens Hyperliquid tout en publiant une analyse critique de la plateforme. Selon lui, Hyperliquid fait face à une concurrence structurelle montante : des DEX et des plateformes rivales se positionnent sur les perpétuels adossés à des actifs réels (RWA), un segment en forte croissance.
Cette concurrence pèserait, toujours selon Hayes, sur les volumes de trading, les revenus générés par le protocole et, mécaniquement, sur la valorisation du token HYPE. L'analyse n'est pas sans fondement. Le marché des perpétuels décentralisés se fragmente rapidement, et Hyperliquid, malgré sa domination actuelle, n'est pas à l'abri d'une érosion de parts de marché.
Mais le timing reste problématique. Vendre d'abord, analyser ensuite, ou simultanément : la séquence importe autant que le fond. C'est là que la frontière entre opinion de marché légitime et conflit d'intérêts non déclaré devient floue. Dans un cadre réglementaire plus strict, comme celui que MiCA commence à imposer en Europe, ce type de comportement attirerait l'attention des régulateurs sur la question de la manipulation de marché et des obligations de transparence des influenceurs financiers.






