Un chantier sans précédent dans l'histoire des datacenters
Selon le Wall Street Journal, Nvidia serait en discussions pour garantir jusqu'à 250 milliards de dollars afin de financer le futur campus de datacenters qu'OpenAI prévoit d'installer dans l'Ohio. Le coût total du projet dépasserait 500 milliards de dollars, ce qui en ferait le plus grand chantier de datacenter jamais annoncé, selon Bloomberg. Ce campus de 10 gigawatts donnerait à OpenAI son premier centre de données en propre, réduisant ainsi sa dépendance structurelle à Microsoft, Amazon et Oracle pour son infrastructure de calcul.
En parallèle, Nvidia discuterait d'un second volet de financement : prendre en charge les achats de puces d'OpenAI pour ce même projet, à hauteur de 350 milliards de dollars supplémentaires. Deux enveloppes distinctes, un seul bénéficiaire final : Nvidia elle-même.
La mécanique circulaire qui interroge les marchés
C'est là que le montage devient singulier. Nvidia, fabricant de puces, financerait son principal client pour que ce client lui achète ses puces. Le circuit est court : l'argent sort de Nvidia, transite par OpenAI et revient en commandes de GPU. Cette logique circulaire n'est pas sans rappeler les montages de financement fournisseur qui ont précédé plusieurs bulles industrielles : le vendeur porte le risque de crédit de l'acheteur pour soutenir ses propres volumes.
La question de fond est celle de la demande réelle. Si la monétisation de l'IA générative tarde, ou si les revenus d'OpenAI ne suivent pas la cadence des investissements, c'est Nvidia qui se retrouve exposée en premier. Le marché de prédiction donnait, au moment du tweet, une probabilité de 33% à une valorisation d'OpenAI dépassant 1 000 milliards de dollars en 2026 et seulement 8% à une introduction en bourse avant 2027 à ce niveau. Des cotes qui reflètent une incertitude réelle sur la capacité d'OpenAI à transformer ces milliards d'infrastructure en valeur boursière tangible.
Le projet Ohio cristallise ainsi les deux faces de l'IA en 2026 : une ambition d'infrastructure sans précédent, portée par des engagements financiers dont la solidité dépend entièrement d'une demande qui reste, pour l'heure, à prouver à l'échelle.











