Un spread de crédit qui isole Oracle parmi les grandes technologiques
Assurer 10 millions de dollars de dette Oracle contre un défaut coûte désormais 215 000 dollars par an. C'est ce que traduit un spread de CDS 5 ans à 215 points de base, un plus haut historique pour la société, contre 144 points de base en début d'année 2026, soit une progression de 70 points de base depuis janvier, la plus forte parmi les grandes technologiques selon Yahoo Finance. Pour comparaison, la moyenne des émetteurs investment-grade se traite à 53 points de base : Oracle coûte donc quatre fois plus cher à couvrir que ses pairs de même catégorie de notation.
L'image publiée avec les données, issue de S&P Global Market Intelligence et LSEG-Reuters (Amanda Cooper, 28 juillet 2026), illustre la divergence entre Oracle et le reste du secteur technologique. Sur le graphique des performances annuelles des CDS 5 ans, Oracle affiche la courbe la plus haute parmi les dix valeurs suivies, devant Alphabet, Amazon, Apple, Broadcom, IBM, Intel, Meta, Microsoft et Nvidia. Le titre du graphique est sans ambiguïté : "Credit worries seep into AI stocks".
Les dépenses d'infrastructure IA creusent l'écart avec la trésorerie générée
Derrière ces chiffres, le marché pointe un déséquilibre précis. Oracle engage des dépenses d'infrastructure pour l'intelligence artificielle à un rythme qui dépasse la trésorerie qu'elle génère. Ce décalage entre investissement et retour sur capital est au cœur des inquiétudes des créanciers.
S&P a formalisé ce diagnostic en abaissant la note de crédit d'Oracle à BBB-, soit le dernier échelon de la catégorie investment-grade, un cran au-dessus du statut spéculatif. L'agence a explicitement cité l'incertitude sur le chemin vers la rentabilité. Un abaissement supplémentaire ferait basculer Oracle en catégorie spéculative, ce qui forcerait mécaniquement de nombreux fonds institutionnels à céder leurs positions obligataires.
Pourquoi c'est important pour vos actifs
Le marché obligataire envoie un signal que le marché actions intègre avec retard. Un spread CDS à 215 bps sur une valeur technologique de cette taille signale que les créanciers professionnels anticipent une pression durable sur le bilan, indépendamment des perspectives de croissance des revenus liés à l'IA. Pour les détenteurs d'actions ou de produits dérivés sur Oracle, la contrainte de financement pèse directement sur la capacité de l'entreprise à maintenir son rythme d'investissement sans dilution ou émission de dette supplémentaire à des conditions dégradées.










