Un produit de prêt natif, directement dans l'application Uniswap
Uniswap Earn est passé en production le 31 juillet 2026 sur Ethereum mainnet, accessible depuis l'application web et le wallet Uniswap. Le principe : les utilisateurs déposent USDC, USDT ou ETH dans l'un des trois vaults Morpho Prime, dont la gestion des risques est confiée à Gauntlet. Ces vaults opèrent sous un mandat dit "Prime", adossé à des marchés sur-collatéralisés avec des actifs blue-chip. Les fonds déposés sont ensuite prêtés sur les marchés de Morpho et les intérêts versés par les emprunteurs constituent le rendement des déposants. Le dispositif est non-custodial : les utilisateurs conservent le contrôle de leurs actifs et peuvent retirer à tout moment, sans délai de blocage.
Ce lancement s'inscrit dans une stratégie de diversification produit pour Uniswap, qui ne se limite plus à la fourniture de liquidité. Earn se distingue explicitement de DualPool, le produit développé en partenariat avec Spark, le bras DeFi de Sky (ex-MakerDAO) : là où DualPool combine fourniture de liquidité et prêt, Earn cible les utilisateurs qui cherchent uniquement du rendement via le prêt, sans exposition aux risques d'impermanent loss liés aux pools de liquidité. Pour ceux qui découvrent ces mécanismes, notre guide DeFi pour débutant détaille les différences entre prêt, liquidité et staking.
La SEC en toile de fond : un calendrier qui ne doit rien au hasard
Le lancement intervient neuf jours après une déclaration remarquée de la commissaire de la SEC Hester Peirce, datée du 22 juillet 2026. Dans ce texte publié sur le site de la SEC, elle estime que certains vaults crypto et stratégies de prêt on-chain pourraient déjà relever du droit boursier américain, selon leur structuration et le degré de discrétion laissé au gestionnaire. La formulation est prudente, mais le signal est clair : les produits qui ressemblent à des fonds d'investissement gérés, même sous forme de smart contracts, ne sont pas automatiquement hors du périmètre de la Securities Act.
Uniswap a répondu par la voix d'un porte-parole, indiquant agir "en conformité avec toutes les lois applicables". Une réponse standard, mais qui acte que le sujet est pris au sérieux en interne. La structuration retenue, avec Gauntlet comme curateur indépendant et des vaults non-custodials, semble précisément conçue pour minimiser l'argument de la "gestion discrétionnaire" que Peirce identifie comme facteur de requalification. La question de savoir si cette architecture suffit à satisfaire les régulateurs américains reste ouverte côté SEC, mais Uniswap a clairement anticipé l'objection avant même le lancement.















