Le plus gros pari vendeur sur le yen depuis 2007 se défait
Fin juin 2026, les fonds à effet de levier détenaient 138 000 contrats vendeurs nets sur le yen, un niveau inédit depuis 2007. En cinq semaines, ils en ont soldé 74 440, ramenant leur position à 63 600 contrats, selon les données relayées par The Kobeissi Letter. L'ampleur de la coupe est l'une des plus fortes enregistrées depuis 2008.
Le déclencheur est double. D'un côté, une intervention coordonnée entre Washington et Tokyo : les autorités japonaises ont acheté pour 85 milliards de dollars de yens les 30 et 31 juillet, la plus grosse opération sur deux jours depuis 2011, selon les données de marché compilées par CNBC. De l'autre, un changement de régime dans les anticipations : la probabilité d'un dollar à 165 yens, donnée à 70% il y a trois semaines, est retombée à 33%. Un repli vers 150 yens est désormais coté à 38% et une hausse de taux de la Banque du Japon (BoJ) en septembre à 42%.
Le carry trade sous pression : mécanisme et conséquences
Le carry trade yen repose sur un principe simple dans son architecture mais brutal dans son dénouement : emprunter en yen à taux quasi nul pour investir dans des actifs à rendement plus élevé ailleurs dans le monde. Quand le yen s'apprécie, les positions financées en yen deviennent coûteuses à maintenir. Les gérants sont forcés de les fermer, ce qui vend les actifs risqués achetés avec ces liquidités et draine le risque à l'échelle mondiale.
L'essentiel du rachat de positions vendeuses est accompli, mais la suite dépend d'une décision ferme de la BoJ. Si la banque centrale japonaise relève effectivement ses taux en septembre, un nouveau cycle de fermetures forcées pourrait s'enclencher. Dans le cas contraire, la pression sur le yen se dissiperait partiellement. Le mouvement facile, celui du squeeze initial, est derrière nous.
Pourquoi c'est important pour vos actifs
- Nikkei 225▼ Baissier
- $EWJon▼ Baissier
Sens qualitatif, sans prévision de prix. Source : nos modèles de corrélation historique.
Nos modèles de corrélation historique montrent qu'une hausse de taux surprise au Japon peut déclencher un dénouement du carry trade qui frappe simultanément le Bitcoin, les actions japonaises et les actifs risqués en général : les liquidités en yen se retirent d'un coup, sans discrimination. Le Bitcoin figure parmi les premiers actifs vidés dans ce scénario, car il concentre une part importante du risque spéculatif financé en yen. Un yen plus fort pénalise par ailleurs les exportateurs japonais et pèse sur le Nikkei, ce qui se répercute mécaniquement sur l'ETF EWJ.













