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Cars ressort au cinéma le 30 septembre, Disney se paie 21,41 fois ses bénéfices

Cars ressort au cinéma le 30 septembre, Disney se paie 21,41 fois ses bénéfices

Publié par le 9 min de lecture
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Disney (DIS), le studio derrière Mickey, Pixar et Marvel, ressort Cars dans environ 300 salles françaises le 30 septembre, vingt ans après sa sortie. Mais la même opération a déjà eu lieu aux États-Unis le 4 septembre, et elle a rapporté 11 millions de dollars.

L'impact en un coup d'oeil

DirectionNeutre
IntensitéFaible
HorizonImmédiat
Ce que ça toucheChiffre d'affaires, valeur de la franchise

Ce qui a été annoncé

Disney, ce sont les films que les enfants regardent en boucle, les chaînes qui diffusent le sport américain, et les parcs où l'on fait la queue une heure pour monter dans un manège de trois minutes.

Selon la salle de presse française du groupe, Cars revient sur les écrans le 30 septembre, dans près de 300 salles, pour les vingt ans du film. Les préventes sont ouvertes depuis fin août.

L'intérêt de cette annonce est qu'elle a déjà été jouée ailleurs. Les États-Unis ont eu leur ressortie le 4 septembre, sur 2 900 salles. D'après Box Office Mojo, le film y a encaissé 6,3 millions de dollars sur son premier week-end, puis environ 1,2 million sur le deuxième, avant de retomber à 310 salles et de terminer son exploitation le 21 septembre. Total nord-américain : 11 millions de dollars.

C'est le chiffre qui permet de cadrer l'annonce française, et il doit se rapporter à ce que Disney encaisse réellement. Le groupe réalise 99,13 Md USD de chiffre d'affaires sur les douze derniers mois, avec 231 000 salariés. Une ressortie rapporte donc, sur tout un marché et toute une exploitation, l'équivalent d'une heure de l'activité du groupe. Et Disney n'encaisse pas ces 11 millions : la recette se partage avec les exploitants de salles.

Cette ressortie n'est pas un geste isolé. Elle s'inscrit dans un programme d'anniversaire étalé sur l'année : Disney a prolongé son accord avec la Formule 1 jusqu'en 2028 et y a fait entrer Cars pour la première fois, avec une apparition de Flash McQueen au Grand Prix d'Italie à Monza en septembre, une collection de produits dérivés et des véhicules miniatures signés Mattel. Le film en salles est la partie visible d'un dispositif dont le reste se vend en rayon.

Ce que la source ne dit pas mérite d'être posé aussi : aucun objectif de recettes n'est publié pour la France, aucun budget de campagne, et le marché français est structurellement un ordre de grandeur en dessous du marché américain.

Chiffre d'affaires annuel de Disney sur plusieurs exercices, en progression régulière, avec des barres de prévision.
L'échelle à laquelle rapporter les 11 millions de dollars de la ressortie : 99,13 Md USD encaissés sur douze mois.Source : comptes annuels de Disney et consensus

Ce que le prix incorpore déjà

Une ressortie agit sur une seule ligne des comptes, et c'est la plus petite. Disney publie ses recettes de salles dans une ligne appelée « content sales », qui pèse 1 596 M USD sur les 25 248 M USD de chiffre d'affaires du trimestre clos le 27 juin, soit environ 6% du total. Un film de vingt ans qui fait une poignée de millions sur ce poste-là ne se voit pas dans une publication trimestrielle.

Le canal réel est ailleurs, et c'est tout l'intérêt de l'opération. Sur ce même trimestre, le segment Experiences, qui regroupe les parcs, les croisières et les produits dérivés, dégage 3 017 M USD de résultat opérationnel sur les 5 555 M USD du groupe, soit 54% du résultat pour 39% du chiffre d'affaires. Et à l'intérieur de ce segment, la ligne des produits de consommation affiche 53% de marge opérationnelle : 560 M USD de résultat pour 1 065 M USD de recettes. C'est la ligne la plus rentable de toute la société.

Une ressortie en salles est donc une dépense de marque qui prend la forme d'une sortie cinéma. Elle ne cherche pas la recette du guichet, elle réactive une franchise juste avant le moment où celle-ci se vend en miniatures, en billets d'entrée et en licences. Le calendrier le confirme : au moment où le film repasse en salles, Disney construit au Magic Kingdom une zone thématique entièrement consacrée à Cars, Piston Peak National Park, dont aucune date d'ouverture n'est encore annoncée.

Reste à savoir ce que le cours demande déjà. Le titre se paie 21,41 fois ses bénéfices des douze derniers mois, quand la médiane des 91 sociétés de son sous-secteur, celui du cinéma et du divertissement, s'établit à 25,95 fois. Ce multiple se situe au 10e centile de son propre historique sur cinq ans, c'est-à-dire que l'action a été plus chère que cela 90% du temps depuis 2021. La comparaison avec les 91 sociétés du sous-secteur situe chacune de ces lignes.

En remontant le calcul de valorisation à l'envers, on obtient ce que ce prix suppose : environ 6% de croissance par an sur dix ans du free cash flow, c'est-à-dire l'argent qui reste une fois les dépenses courantes et les investissements payés. Sur les cinq dernières années, le chiffre d'affaires de Disney a progressé de 7,66% par an. Le cours demande donc un peu moins que ce que le groupe a déjà délivré, ce qui est rare et n'a rien à voir avec un film.

Flux de trésorerie disponibles annuels de Disney, en redressement marqué sur les derniers exercices.
La grandeur sur laquelle porte l'hypothèse du marché : les flux disponibles, que le cours suppose en croissance d'environ 6% par an.Source : comptes annuels de Disney

Ce que le marché en fait déjà

L'action a clôturé à 103,82 dollars le 22 septembre. Sur un an, elle recule de 9,05%, quand la médiane de son sous-secteur perd 15,76%. Disney résiste donc mieux que son univers, sans pour autant progresser.

Le titre se place à 47,05% d'une fourchette annuelle comprise entre 92,19 et 117,09 dollars, et reste 11,33% sous son plus haut des douze derniers mois. Rien n'est tendu à court terme : l'indice de force relative sur quatorze séances ressort à 46,19, au milieu de son échelle, et le cours évolue à peine sous sa moyenne mobile à deux cents séances, située à 104,02 dollars.

Le consensus, lui, est massivement favorable et c'est peut-être son principal défaut. Sur 32 analystes, 29 sont positifs, 2 neutres et 1 négatif, pour des objectifs allant de 88 à 144 dollars, autour d'une moyenne d'environ 127 dollars, soit 22,53% au-dessus du cours. Leurs attentes de bénéfice par action ont été relevées de 0,68% sur un mois, une révision modeste.

La divergence à comprendre est là. Le chiffre d'affaires progresse de 14,04% sur trois exercices et les marges s'améliorent, mais le cours passe l'année à reculer. Les deux lectures ne portent pas sur le même objet : l'une mesure un groupe qui remplit ses parcs, l'autre mesure ce que le marché accepte de payer pour un ensemble dont la télévision traditionnelle et les droits sportifs restent les points d'interrogation.

Position du cours de Disney dans sa fourchette des cinquante-deux dernières semaines, à peu près au milieu.
Le titre se place à 47,05% d'une fourchette annuelle allant de 92,19 à 117,09 dollars.Source : séances quotidiennes sur un an

Le point de bascule

Le rendez-vous est fixé au 11 novembre 2026, date estimée de la prochaine publication de résultats. L'indicateur à surveiller est la marge nette, parce que c'est elle qui dira si la machine Experiences continue de compenser ce que la partie contenus ne rapporte plus.

Le scénario favorable est celui de la franchise qui se transforme. Si la ressortie, l'accord Formule 1 et le chantier du Magic Kingdom alimentent réellement les produits de consommation et la fréquentation, la marge nette de 8,68% se rapproche de celle du S&P 500, à 12,97%, et le multiple de 21,41 fois cesse de ressembler à une décote de secteur en déclin.

Le scénario défavorable est celui de la franchise qu'on entretient sans la faire grandir. La croissance est déjà le maillon faible du dossier, et si le chiffre d'affaires ralentit sous les 6% par an que le cours incorpore, le même multiple bas devient la juste rémunération d'un groupe qui ne grandit plus.

Tant que le chiffre d'affaires tient au-dessus de 6% par an, le multiple de 21,41 fois reste un écart face aux 25,95 fois du sous-secteur. Si cette croissance passe durablement sous ce seuil, ce n'est plus un écart, c'est un prix normal.

Marge nette annuelle de Disney, en redressement sur les derniers exercices, avec des barres de prévision.
L'indicateur à surveiller le 11 novembre : la marge nette, à 8,68% contre 12,97% pour la médiane du S&P 500.Source : comptes annuels de Disney et consensus

Les données, en clair

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